Libnanews – 12 décembre – Par Marguerite – Le bruit des bombes nous remplit la tête ! Tout le monde fuit ! Seule Zeina (Nada Abou Farhat), perdue dans la gare routière de Beyrouth, cherche désespérément un taxi pour aller dans le Sud. C’est le premier jour du cessez le feu de la guerre de l’été 2006 entre le Hezbollah et Israël.
Seul Tony (Georges Khabbaz) moyennant une belle somme accepte de la conduire. Commence alors un voyage au bout de l’enfer dans une région dévastée par les bombardements à la recherche du petit Karim, le fils de Zeina. Elle habite Dubaï mais elle avait envoyé son fils chez sa soeur pour l’été dans son village natal. Beaucoup de choses opposent Zeina et Tony mais la quête douloureuse, angoissante et périlleuse de l’enfant perdu les rapproche et les rend finalement solidaires pour affronter la peur et la détresse.
Philippe Aractingi, le réalisateur (il avait déjà réalisé Bosta) filme son histoire, celle de Zeina, au coeur des événements, au coeur de l’actualité immédiate. Les acteurs très émouvants s’intègrent parfaitement dans le décor d’images réelles, entourés par les vrais protagonistes des événements, les militaires, les journalistes, les déplacés qui jouent leur propre rôle. Jouent-ils d’ailleurs ?
Nous sommes à la frontière de la fiction et du documentaire et c’est bouleversant car le réalisateur fait appel à notre raison et à notre coeur. Sans corps déchiquetés, sans flaques de sang, mais avec le bruit, la poussière, les maisons et les ponts réduits en gravats et surtout les mots douloureux des victimes, il nous fait saisir l’horreur et la tragédie de la guerre. Et son propos est fort parce qu’il n’est pas idéologique, parce qu’il personnel mais aussi parce qu’il est universel. (les acteurs étaient présents à l’avant- première au cinéma Concorde).
